La femme subit davantage de pression sur le sujet des relations sexuelles, on la ressent prisonnière de ce corps féminin qu'on lui a attribué, doit-on avoir honte d'être femme ? 

La femme comme l'homme ressent le désir sexuel. Le désir sexuel, est un bien qui peut devenir un mal si on le dénigre. 

Dans notre société tel qu'elle est conçu aujourd'hui, l'homme annoncera plus facilement qu'une femme qu'il a eu un rapport, tout simplement parce que ce n'est pas perçu de la même façon, une femme ou un homme qui a relation sexuelle. 

Les hommes n'ont-ils pas les mêmes droits sociaux ? 

Le sexe n'est-il pas attribué de nature à la femme comme à l'homme puisque c'est simplement une nécessité si l'on souhaite la pérenisation de l'humanité ? 

Le sexe est un bien. Avoir des rapports c'est bien si il y a consentement et désir. 

La femme c'est celle qui mettra au monde ce que l'homme lui a donné, de ce fait l'homme se sent au pouvoir. 

"Les femmes sont plus méchantes entres elles", ont l'entends parfois, parce que les hommes eux ne sont pas méchants entre eux ? Les hommes comme les femmes sont des rivales, "l'homme est un loup pour l'homme" aurait dit Hobbes.  Mais la femme qui depuis l'adolescence se sera fait rabaissé du fait qu'elle est femme, slut shaming ou non, aura de ce fait honte de ce qu'elle est, et honte de ces rivales, elle dénigra elle-même sa rivale, sa rivale n'est simplement ce qu'elle désire être mais c'est le mal incarné de la société, c'est la femme libre sexuellement.

La femme prisonnière de ce qu'on lui a donné, on les regardent d'un air passif, enthousiaste dans la rue, puisqu'elles sont belles, le maquillage n'est il pas une condition qu'on a donné à la femme ? Pour qu'elle reste passive, puisque l'homme, lui, n'a pas les égales conséquences d'un rapport sexuel comparé à la femme.

 

Simone DE BEAUVOIR : la femme parée

"Les coutumes, les modes, se sont souvent appliquées à couper le corps féminin de sa transcendance : la Chinoise aux pieds bandés peut à peine marcher, les griffes vernies de la star d'Hollywood la privent de ses mains, les hauts talons, les corsets, les paniers, les vertugadins, les crinolines étaient destinés moins à accentuer la cambrure du corps féminin qu'à en augmenter l'impotence. Alourdi de graisse, ou au contraire si diaphane que tout effort lui est interdit, paralysé par des vêtements incommodes et par les rites de la bienséance, c'est alors qu'il apparaît à l'homme comme sa chose. Le maquillage, les bijoux, servent aussi à cette pétrification du corps et du visage. La fonction de la parure est très complexe ; elle a chez certains primitifs un caractère sacré ; mais son rôle le plus habituel est d'achever la métamorphose de la femme en idole. Idole équivoque : l'homme la veut charnelle, sa beauté participera à celle des fleurs et des fruits ; mais elle doit aussi être lisse, dure, éternelle comme un caillou. Le rôle de la parure est à la fois de la faire participer plus intimement à la nature et de l'en arracher, c'est de prêter à la vie palpitante la nécessité figée de l'artifice. La femme se fait plante, panthère, diamant, nacre, en mêlant à son corps des fleurs, des fourrures, des pierreries, des coquillages, des plumes ; elle se parfume afin d'exhaler un arôme comme la rose et le lis : mais plumes, soie, perles et parfums servent aussi à dérober la crudité animale de sa chair, de son odeur. Elle peint sa bouche, ses joues pour leur donner la solidité immobile d'un masque ; son regard, elle l'emprisonne dans l'épaisseur du khôl et du mascara, il n'est plus que l'ornement chatoyant de ses yeux ; nattés, bouclés, sculptés, ses cheveux perdent leur inquiétant mystère végétal. Dans la femme parée, la Nature est présente, mais captive, modelée par une volonté humaine selon le désir de l'homme. Une femme est d'autant plus désirable que la nature y est davantage épanouie et plus rigoureusement asservie : c'est la femme «sophistiquée» qui a toujours été l'objet érotique idéal. (...)
Cependant c'est là le premier mensonge, la première trahison de la femme: c'est celle de la vie même qui, fût-elle revêtue des formes les plus attrayantes, est toujours habitée par les ferments de la vieillesse et de la mort. L'usage même que l'homme fait d'elle détruit ses vertus les plus précieuses : alourdie par les maternités, elle perd son attrait érotique ; même stérile, il suffit du passage des ans pour altérer ses charmes. Infirme, laide, vieille, la femme fait horreur. On dit qu'elle est flétrie, fanée, comme on le dirait d'une plante. Certes, chez l'homme aussi la décrépitude effraie ; mais l'homme normal n'expérimente pas les autres hommes comme chair ; il n'a avec ces corps autonomes et étrangers qu'une solidarité abstraite. C'est sur le corps de la femme, ce corps qui lui est destiné, que l'homme éprouve sensiblement la déchéance de la chair. "
Le Deuxième sexe
La femme réprime son corps de son propre gré, c'est dans sa culture.